Pour quelques jours, je n’ai pas d’enfants…

 

pas-denfants

En cette semaine de pré-rentrée, je voulais vous parler des réunions de parents d’élèves (le peu auquel j’ai pu assister) et du nœud que j’ai au ventre quand j’entends la maîtresse parler de la fin de la classe à 16h30 et des sorties scolaires que je n’ai jamais pu faire et que je ne ferai jamais avec mes enfants.

J’avais prévu un post sur les activités périscolaires, un post sur ces mamans qui sont au bord de l’orgasme quand elles accompagnent leur fille en tutu rose à la danse. Un post sur les NAP (Nouvelles Activités Périscolaires) ou les TAP (Temps d’Activités Périscolaires), la galère des inscriptions, du prix que ça va me coûter, les « contenus » de tout ça.

ne pas se laisser déborder

MAIS AUJOURD’HUI JE VAIS VOUS CAUSER D’ÉGOÏSME, JE VAIS VOUS CAUSER DE MOI-MOI-MOI.

Ça va faire une semaine, 7 dodos, que mes filles sont parties avec leur père. Oui, ils fallait qu’ils se retrouvent tous les 3. Oui j’avais besoin de temps, il fallait que je bosse, à la maison et au bureau, j’avais besoin de silence pour passer des coups de fils, me poser sur le nouveau projet d’école, aller à la pêche aux infos concernant les loulous arrivés pendant l’été, besoin de calme pour rédiger mes projets individuels, mes GEVASCO et PPRE (l’Education Nationale, l’enseignement spécialisé et les sigles ! 🙂 ), mais j’avoue que quand il m’a annoncé une semaine entière d’absence j’ai pesté, j’ai râlé, elles allaient me manquer.

Le premier soir seule, assise par terre devant ma télé, avec mon plateau je me suis trouvée pathétique. Et j’ai mentalement fait la liste de toutes ces choses que j’allais pouvoir faire et savourer à fond sans culpabilisation, des choses qui allaient changer parce que j’étais redevenue femme sans enfant… et j’ai acté !

C’EST BOOOOON !

Première étape : les copiiiiiiines ! J’ai fait une soirée Mont D’or-Bière (par 30 degrés) avec une Amie importante, celle qui écoute, ne juge pas, celle qui sait quand ça ne va pas, même à distance, celle qui est capable de trouver une ébauche de mal-être dans trois mots d’un SMS. Celle à qui je peux tout dire, qui peut tout entendre, la seule à savoir presque tout sur moi.


Ce soir-là on s’est raconté des horreurs, on s’est pris mutuellement pour des psys, on a fait des projets, on a ri, on a pleuré, on a regardé des vieilles photos, des photos prises en « cachette » pendant que personne ne regarde, on a mangé des soucoupes, des mini-cissons et des M&M’s, on est revenue sur des souvenirs, on a essayé des fringues, fait des associations improbables, on a hurlé de rire, on a dit 156 fois « naaaaaaaaaan, sérieuuuux ?! », on s’est plaint, on a joué à l’esthéticienne avec des masques en tout genre, on s’est fait les ongles. On s’est couchée à l’aube, moi sur son canap’. Ce soir-là j’ai eu de nouveau 19 ans brusquement, mais les 19 ans dont j’ai rêvés ceux revécus avec l’expérience de mes 37 pas juste cette période où on se cherche, parce qu’on n’est plus vraiment ados mais l’âge adulte et ses responsabilités paraissent tellement loin  !

Un autre soir j’ai pris un bain, longtemps, jusqu’à ce que l’eau soit froide.

Un bain avec tout plein de mousse, des bougies, un bouquin et un verre de vin. Un bain seule, sans qu’un enfant déboule dans la salle de bain, se désape pour venir avec moi parce que « wooow t’as mis beaucouuup d’eau ». Un bain sans qu’un enfant ne me vide le bac des jouets de bain sur la tête « comme ça tu t’ennuies pas ». Un bain sans que ça tambourine inlassablement à la porte « parce qu’il faut vraiiiiiiment que je te montre / dise / chante / explique un truc important ». Un bain sans que je tende l’oreille, que j’arrête de respirer parce que je crois avoir entendu un enfant crier / appeler / pleurer, sans que je m’égoutte, enfile un peignoir, sorte de la salle de bain pour me rendre compte que tout le monde s’occupe sagement et en silence.

J’ai mangé tous les jours des choses que je ne fais jamais parce que les enfants n’aiment pas : des écrevisses (merci le suédois), des calamars, des sushis, des moules, des crevettes sautées, des croquettes de brocolis. Même que moi, la reine des bons petits plats, j’ai pêché, 2 fois : j’ai mangé du thon à même la boite en mordant dans une tomate et j’ai trempé des crackers dans du kiri avec un panaché, oui juste ça. Et même que je n’ai pas culpabilisé !
J’ai mangé à l’heure à laquelle j’avais faim et pas à 19h02 parce que c’est bientôt l’école et qu’il faut que tout le monde soit au lit pour 20h30 graaaand max.

Belva Plain Les complaisances du coeur

J’ai lu, sans avoir besoin de m’interrompre, sans qu’on déplace mon marque-ta-page. J’ai découvert Belva Plain, qui m’a littéralement capturée, happée, dans des romans à la fois romantiques et captivants, tellement vrais, tellement nous alors que les protagonistes évoluent au milieu des années 70. Le genre de lecture qui ne fait, normalement, pas partie de ma bibliothèque.  Des secrets, des tabous, des choses qu’on dit et qu’on ne devrait pas dire ou d’autres qu’on ne dit pas mais qu’il faudrait dire… Une auteure qui nous mène là où elle veut par les chemins qu’elle a choisis.

 

J’ai réduit considérablement le temps passé aux tâches ménagères, lessives divisées par trois (au moins), aspirateur passé deux fois cette semaine et presque uniquement à cause du chat, pas de fringues à ramasser, pas de vaisselle à gogo, pas de verres posés ici et là parce qu’on a oublié qu’on en avait déjà un mais qu’il n’a jamais trouvé le chemin du lave-vaisselle.

Quant au rangement : presque nul ! Personne n’a décidé de faire la plus longue file de personnages Playmobil du moooonde entre l’entrée et l’étage. Personne n’a fait de longs spaghettis de patatamodeler et personne ne les a découpés en morceaux si petits qu’ils se collent absolument partout. Personne n’a essayé de jouer à la médiathèque…quoi vous ne connaissez pas ? C’est très simple, il suffit de récupérer tous les livres, BD, DVD de la maison et de les disposer artistiquement dans le salon comme à la médiathèque quoi !

Et, oh bonheur : j’ai ressorti ma machine à coudre, les idées mises de côté depuis des mois et j’ai cousu, jusqu’à pas d’heure, je ne risquais de réveiller personne. J’ai même cousu en pleine nuit pendant une insomnie. J’ai cousu tout et n’importe quoi (snood, ceinture obi, hauts, pochettes…), j’ai cousu pour un bébé tout neuf, j’ai renouvelé mon stock de lingettes lavables, …j’ai rattrapé le temps perdu.

LE SUMMUM DE L’ÉGOÏSME

Mais LE bonheur c’est ne s’occuper que de soi, d’être le centre permanent de son attention : c’est le summum de l’égoïsme ça, non ?

moi moi moi

Devoir aller bosser (bah, oui y’a des devoirs tout de même, c’est la vie, c’est pas le paradis ! ), donc devoir aller bosser mais se lever en se laissant juste assez de temps pour se préparer TOUTE SEULE. N’avoir qu’une chevelure à coiffer, un seul petit déj à préparer, monter dans sa voiture en n’ayant à vérifier qu’on a juste ses propres affaires. Ne s’arrêter qu’une seule fois : là où on doit aller.

Repartir du boulot quand on a fini ce qui est prévu (…ou quand le concierge de l’école vous met dehors « parce que c’est l’heure de mett’e l’alarme là ! »), ne pas avoir besoin d’avoir l’œil rivé sur l’horloge pour ne pas louper la sortie du périscolaire, l’heure du poney, du modern’jazz, du rendez-vous chez l’orthophoniste. Ne pas avoir besoin de réfléchir à l’endroit où il faut récupérer ses enfants (voir phrase précédente). Ne pas refuser d’aller boire un verre avec une copine, ne pas refuser d’aller au resto, n’avoir de compte à rendre à personne.

Rentrer, faire… faire juste ce qu’on a envie de faire. Rentrer et se surprendre à parler au chat, se surprendre à penser à haute voix.

Rentrer et allumer la télévision, parce qu’il y a trop de silence…

Rentrer et être seule…terriblement seule.

SAMEDI MES ENFANTS RENTRENT, DIRE QUE JE SUIS HEUREUSE DE LES REVOIR EST UN DOUX EUPHÉMISME…

 

Parce qu'on aime bien avoir votre avis...

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.